mardi 30 septembre 2014

POUR DES ASSISES DU FINANCEMENT DES TPE

ORIZONTE SERENU ?

Dans mes fonctions de Président de la chambre régionale de Corse, j’entends souvent les TPE (très petites entreprises) se plaindre de leurs difficultés pour obtenir un crédit bancaire.

C’est d’autant plus préoccupant chez nous, car les TPE, entreprises de moins de 10 salariés, constituent 95% du total des entreprises de l’île, suivant les données 2011 de l’INSEE :

  
Or en juin 2014, l’observatoire du financement des entreprises, a publié un rapport sur le financement des dites TPE.   

Ce travail est pertinent car il a été établi avec les données de la Banque de France et après audition des 5 grands réseaux bancaires et des représentants des chefs d’entreprise.  

Il fait ressortir les points suivants :
→ 60% des TPE déclarent ne pas avoir de salarié (71 % en Corse) ;
→ Environ 2/3 des créateurs ont pour objectif principal d’assurer leur propre emploi ;
→ Les TPE sont en renouvellement constant : 30% des entreprises disparaissent au bout de trois ans et 50% au bout de cinq ans ;
   →Leur situation financière est extrêmement variable

Enfin leur accès au crédit s’avère difficile en raison du mauvais dialogue "banques-TPE" et de l’état des finances des TPE.


1 - L’accès au crédit des TPE

L’observatoire dresse le constat suivant :

Le comportement des TPE est très varié : une TPE sur deux investit chaque année et les investissements de plus de 100 000 € ne concernent que 2% d’entre elles.

Leurs dirigeants, souvent isolés, assument l’ensemble des activités de gestion, y compris la gestion financière pour laquelle ils n’ont parfois pas toutes les  compétences.

Un tiers des TPE ont des fonds propres (NB1) nuls.  Aussi utilisent-elles les délais de paiement pour améliorer leur trésorerie (NB 2) : pour avoir de l’argent disponible, elles retardent le paiement de leurs fournisseurs alors qu’elles ont déjà encaissé les paiements de leurs clients.

De manière générale les TPE financent leurs besoins de trésorerie par des découverts. Ils présentent une facilité de mise en œuvre qui convient aux établissements bancaires et aux chefs d’entreprise, mais s’avèrent plus onéreux que les crédits classiques.

Enfin, les TPE font remarquer que les banques leur demandent plus de garanties que par le passé.


2 - Les relations TPE-établissements bancaires

Pour améliorer les relations entre les TPE et les banques, l’Observatoire propose la mise en place de cinq bonnes pratiques (BP) :

→ 1ère BP : Les chefs d’entreprise sont frustrés par les refus de crédits quand ils n’en comprennent pas bien les raisons. L’Observatoire propose que les banques accordent systématiquement, en cas de refus de crédit, un entretien au chef d’entreprise, s’il en fait la demande.

→ 2ème BP : La plupart des réseaux bancaires ont mis en place des procédures de réponse dans des délais très courts à certaines demandes de petits crédits. Mais il subsiste un nombre élevé de réponse des banques qui dépassent 15 jours. L’Observatoire propose que les banques donnent leur réponse sous 15 jours maximum.

→ 3ème BP : A l’expérience il s’avère que la Médiation du crédit n’est pas connue de toutes les TPE. L’Observatoire demande aux différents réseaux d’inscrire systématiquement sur l’ensemble des lettres de refus de crédit, la possibilité de recours à la Médiation du crédit aux entreprises.

→ 4ème BP : Les modes de fonctionnement des TPE sont spécifiques. L’Observatoire recommande aux établissements de crédits de veiller à ce que les chargés de clientèle TPE soient en capacité de proposer des produits de financement qui conviennent mieux à leurs besoins que ne le font les produits actuels : découvert et affacturage (NB3).  

→ 5ème BP : Les TPE vivent mal le départ de leurs conseillers clientèle et leur remplacement par un nouveau connaissant mal leur dossier. L’Observatoire propose que l’ensemble des réseaux bancaires retiennent pour objectif des durées de poste d’au moins quatre ans pour les chargés de clientèle TPE.

L’Observatoire propose d’évaluer la mise en place de ces cinq bonnes pratiques dans deux ans. 

Toutefois il recommande de mettre en œuvre rapidement la 2ème, c’est-à-dire le délai maximal de 15 jours pour fournir une réponse aux TPE.


3 – Pour des assises du financement des TPE

Il est malheureusement acquis que les difficultés que connaissent les TPE de l’île pour trouver un crédit classique ou de la trésorerie sont devenus plus aiguës, après le conflit social qui a mis à mal leurs finances. 

Or un nouveau conflit dans les transports se dessine, avec le dépôt de bilan de la SNCM, qui se rapproche inéluctablement. 

Aussi il me paraît essentiel, pour le devenir de ces entreprises, de leurs salariés et de l’économie de la Corse, que des assises sur le financement des TPE se tiennent au plus tôt dans l’île.

Il faut que les bonnes pratiques évoquées plus haut soient effectives et il nous faut réfléchir à de nouvelles mesures pour aider les entreprises à passer le prochain conflit. 

Menées par l’Etat, la Banque de France et l’ADEC, ces assises associeraient les cinq grands réseaux bancaires (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel), les organismes consulaires et tous les secteurs de l’économie.  

Ce me semble une urgence !


NB 1 : Fonds propres : argent mis dans l’entreprise par ses dirigeants afin de lui permettre de démarrer puis de financer ses investissements, avec l’apport complémentaire du crédit bancaire.

NB 2 : Trésorerie : argent dont dispose l’entreprise soit dans sa caisse soit sur son compte bancaire.

NB 3 : Affacturage : achat par la banque ou un organisme spécialisé de la créance d’un client de la TPE ; permet à la TPE de trouver de l’argent en fonction de son activité mais coûte plus cher qu’un crédit. 






mardi 2 septembre 2014


LA REFORME DES CCI

(Un locu assirinatu)


Lors de l’assemblée générale de la chambre régionale d’industrie de commerce qui a eu lieu le 22 mai j’ai donné ma vision des difficultés qui attendent les CCI qui sont, comme toutes les autres institutions du pays, confrontées à un bouleversement. Ce bouleversement est du à la nécessaire adaptation du pays à la mondialisation. Depuis les chiffres ont évolué, en pire…

Voici donc une partie de mon propos d’alors, avec des chiffres actualisés.

1 – Sur la situation économique générale

Chacun sait que la France est confrontée à une crise de la dette publique qui est l’accumulation depuis les années 80 de déficits successifs des budgets de l’Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités locales.

L’INSEE nous apprend qu’à la fin de l’année 2013, l’ensemble de ces dettes, la dette publique, représente 92 % du PIB. C’est-à-dire que la dette représente 920 € pour 1000 € de richesse produite.

Pour avoir un ordre d’idée de ces chiffres, il faut savoir que les dépenses annuelles de l’Etat 2013 ont été de 460 milliards d’€. La  charge de la dette (les seuls intérêts) a été de 47 milliards d’€, soit  plus que les dépenses consacrées à l’enseignement (44,5 milliards d’€) et bien plus que les deux autres grandes dépenses de l’Etat que sont la défense nationale (40 milliards d’€) et l’enseignement supérieur et la recherche (27 milliards d’€). 

La prévision de croissance est de 0,5 % en 2014, après avoir été nulle en 2012 et de 0,3 % en 2013. Et il faut espérer pour nos entreprises et leurs salariés que cet objectif sera atteint malgré le résultat nul des 1er et 2ème trimestres 2014.

Les chiffres de l’emploi (catégories A, B et C) sont terribles : près de 5,1 millions de personnes au chômage ! En Corse elles sont 20 600 !!!

Telle est la situation économique dans laquelle évoluent nos entreprises et sur laquelle tente d’agir le gouvernement.  

Pour ce faire il a présenté un programme dit « de stabilité », approuvé par les députés, afin de trouver de la croissance et de l’emploi.

Il se décompose en une partie relance de l’activité et en une partie économies pour financer ces dépenses.

La relance de l’activité va coûter 50 milliards d’€ : 20 milliards pour CICE, 10 milliards pour la baisse du coût du travail, 11 milliards pour la baisse et la modernisation de la fiscalité des entreprises et 5 milliards pour le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes. Les 4 milliards qui restent seront gardés en « réserve d’actions ».

Il va financer ces dépenses par des économies : 18 milliards sur les dépenses de l’Etat (36 % du total), 10 milliards sur l’assurance maladie (20 % du total), 11 milliards sur la protection sociale (22 % du total) et 11 milliards sur les collectivités locales (22 % du total).

Comme nos CCI sont des établissements publics d’Etat sous la tutelle des préfets, elles vont, elles aussi contribuer à ces économies.

2 – Sur les mesures annoncées

Le gouvernement a donc décidé de trouver dans le budget des CCI de quoi alimenter son propre budget pour 2014, au motif réel de maîtrise du déficit public en diminuant la taxe qui finance les CCI (la taxe pour frais de chambre ou TFC) et en opérant un prélèvement exceptionnel sur leur fond de roulement.

La réforme de 2010 donnait cette orientation et fixait également l’évolution des CCI vers des entités  régionales. Une récente mission menée sous la direction de l’inspection générale des finances a dressé un sombre constat des CCI :
→Nous intervenons en de trop nombreux domaines d’action ;
→Nous avons reçu un financement élevé, nous permettant de mener des investissements importants, et une politique salariale dynamique, entendez trop dépensière…

In fine (avec la réforme de 2010 et le rapport précité) nous aboutirons :
→A une CCI unique par région ;
→A la mutualisation des fonctions supports et opérationnelles ;
→A dialogue social ayant pour but de maîtriser la masse salariale ;
→Au renforcement de la tutelle pour tout projet supérieur à 1 M€ ;
→A un prélèvement sur fond de roulement de 800 à 1000 M€.

Mais surtout nous allons subir une importante baisse de la taxe (la TFC) qui finance nos CCI. 

3 – Sur la réalité

Désormais c’est Emmanuel MACRON qui est le nouveau ministre de l’économie. C’est lui qui pilotait la réforme des CCI, lorsqu’il était secrétaire général adjoint du Président de la République.  

Dès lors, plus personne ne peut douter que les mesures annoncées seront appliquées, dans des proportions situées entre la position des CCI (20%) et celle de Bercy (30%).

C’est donc une baisse d’au moins  25 % qui nous attend d’ici 2017. C’est-à-dire que le montant de la TFC 2017 diminuera d’un quart par rapport à celui de 2012, ce qui donne les montants suivants :



Nous serions en deçà des valeurs de 2004 !

Comme cette taxe représente près de la moitié de nos recettes, nous allons subir un choc immense et nous allons devoir affronter une situation difficile, très difficile.

Alors que faire ?

A mon sens il faut entreprendre au plus tôt la mutualisation progressive des services communs aux deux chambres territoriales d’Ajaccio et Bastia. C’est le seul moyen de sortir de cette diminution drastique de nos recettes. Certaines chambres continentales y sont déjà parvenues et Bercy nous le rappellera au besoin… 

Certains y sont opposés ou traînent les pieds face à l’inéluctable.

Et pourtant comment justifier une opposition à des économies de 50 milliards d’€, dans la mesure où 10 milliards seront affectés à la baisse du coût du travail et 11 milliards à la baisse et la modernisation de la fiscalité des entreprises ?

Impossible d’avoir le beurre et l’argent du beurre pour reprendre l’expression consacrée.

D’autres font semblant de croire qu’avec une nouvelle majorité parlementaire, de droite et du centre, les choses n’évolueraient pas de la même manière et que le statut quo serait reconduit.

Ceux là font preuve d’une cécité inouïe, occultant la situation économique décrite au début de ce billet et la nécessité de réformer le pays.

Je le dis en toute franchise : le train de la réforme, du changement, du basculement, de l’adaptation à la mondialisation, appelez-le comme vous voulez, est désormais lancé. Le temps de la « petite popote au coin du feu » pour paraphraser le général De Gaulle, est révolu dans les CCI.

Il nous faudra donc aller au-delà de la vision départementale de mise aujourd’hui et faire prévaloir une vision régionale permettant de développer notre île et prospérer nos entreprises et leurs salariés.

J’espère de tout cœur que nous saurons tous ensemble passer cet obstacle.



jeudi 28 août 2014

RENCONTRE AVEC LE NOUVEAU « PATRON » DE LA SNCM

(Per quantu tempu?)

J’ai été convié, en présence de responsables politiques et économiques à une rencontre avec le nouveau patron de la SNCM, Olivier DIEHL, ce 5 août dernier.

Une de ses missions est de renouer le dialogue et de restaurer la confiance avec la Corse, sa population, ses élus et ses entreprises. 


Monsieur DIEHL s’est félicité que la SNCM reprenne son activité et a fait, en une première partie de la réunion, un exposé mesuré sur la situation de l’entreprise.

Il n’en reste pas moins que le futur de l’entreprise est clairement exposé dans le communiqué de l’actionnaire principal TRANSDEV, en date du 10 juillet 2014.

Le but premier était de sauver les recettes de la haute saison touristique et par là même, de restaurer la situation économique et sociale en Corse et à Marseille. 

Le but second était de « travailler à la mise en œuvre des solutions d'avenir ».

L’objectif final est lui clairement énoncé : « une solution de discontinuité dans le cadre d'un redressement judiciaire contrôlé ».

En langage clair cela signifie que l’activité ne pourra être assurée que par une nouvelle compagnie et toutes les hypothèses sont ouvertes : repreneur éventuel et/ou partenariat avec la CTC.

Mais l’activité et les emplois ne seront plus à la hauteur de ce qu’ils sont aujourd’hui : les 2000 emplois et les dessertes seront touchés !

Les suppressions dépasseront les 500 déjà actées en 2013, tandis que les lignes de Toulon et de Nice sont menacées et celles vers le Maghreb seront réduites.

Enfin, la société TRANSDEV rappelle qu’elle ne viendra plus au secours de la SNCM car « sa situation financière ne lui permet pas de faire face aux besoins de financement de la SNCM sans compromettre son propre redressement et l'avenir de ses 86 000 salariés ». 

Suivant les publications spécialisées, sur les 130 M€ de pertes enregistrées par TRANSDEV en 2013, 103 provenaient de la SNCM, soit plus de 80% du total. Et les 440 M€ de l’UE ne sont pas pris en compte…

La seconde partie de la réunion permettait à chacune et chacun de formuler ses interrogations.

Je lui ai donc posé les questions suivantes.

Question 1 : après un déficit de 12 M€ en 201, de 14 M€ en 2012, êtes vous en mesure de nous donner le résultat de 2013 ?
Réponse : un déficit de 40 M€.

Question 2 : Vous avez provisionné 52 M€ en 2012. Qu'elles sont les provisions de 2013 ?
Réponse : pas de réponse.

NB : Les provisions correspondent à des dépenses probables qu’une entreprise aura à supporter et qui doivent être inscrites au bilan : les 440 M€ d’amende de l’UE.

Question 3 : les 440 M€ sont ils provisionnés ?
Réponse 3 : Non, car la SNCM serait alors en redressement judiciaire, redressement judiciaire qui nous semble inévitable

NB : le redressement judiciaire est la procédure engagée dès lors qu’une entreprise ne peut plus payer ses dettes ou ses salariés. Elle permet la poursuite de l'activité de l'entreprise qui aboutit la plupart des cas à une redéfinition des activités et à un ajustement de l’emploi. Si cette mesure ne suffit pas, l’entreprise est liquidée : ses biens (les bateaux pour la SNCM) sont vendus pour permettre de payer les dettes.

Question 4 : Une partie de votre flotte est obsolète car  les deux cargos mixtes MONTE D'ORO (mis en service en 1991) et PAGLIA ORBA (mis en service en 1994) avancent à 19 nœuds alors que les navires modernes ont une vitesse de 27 nœuds à l’image du JEAN NICOLI (mis en service en 1998). Ce dernier parcourt une distance identique en 2/3 du temps mis par les anciens navires. Comment y remédiez-vous ?
Réponse : Nous devons reconstruire une nouvelle SNCM.

Question 5 : Je vous fais part des inquiétudes des entreprises et vous demande votre vision de l’avenir après le mois d’octobre 2014, date actée avec le médiateur et les syndicats, pour trouver une solution.
Réponse : L’issue judiciaire nous parait inévitable. Nous sommes en discussion avec d'éventuels repreneurs et la CTC. Notre trésorerie nous permet de tenir jusqu'à la mi-septembre.


La situation est malheureusement celle là et il ne sert plus à rien de se lamenter et de chercher des responsables que chacun connait : Etat, privatisation, bateaux construits pour donner du travail aux chantiers français, gouvernance, stratégie, concurrence déloyale, agitation syndicale, etc.

Il faut désormais regarder vers le futur car les chiffres sont implacables : en 10 exercices (de 2004 à 2013) la SNCM a connu un seul exercice excédentaire : 18 M€ en 2009.



Ce futur fera l’objet d’un prochain billet….




jeudi 21 août 2014

QUE FAIT LA CHAMBRE
DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE CORSE ?

(A cudettà di Maratu)


C’est la question que se posent de nombreux chefs d’entreprises et certains de nos concitoyens.

Je vais donc vous parler de ce que je connais le mieux : ce que je fais. 

A l’issue du conflit des transports qui a fortement impacté nos entreprises, des représentants du monde politique et économique ont été conviés à formuler leurs observations au préfet BORIUS, nommé pour mettre en œuvre les mesures gouvernementales d'aides aux entreprises, décidées lors de la rencontre avec le Premier Ministre le 10 juillet 2014.

Voici le document que je lui ai remis :

« Monsieur le Préfet,

Permettez-moi tout d’abord, en mon nom personnel, au nom de tous les élus consulaires et de tous les chefs d’entreprise de vous souhaiter la bienvenue en Corse. 

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que vous arrivez après une période particulièrement difficile pour nos entreprises et il a fallu l’intervention du préfet de région pour ramener un peu de calme après les errements connus à Bastia.

Les enquêtes en cours détermineront les responsabilités…

Ceci dit étant où en sommes-nous ?

Chacun sait ici que la SNCM ne pourra échapper à la restructuration et que nous aurons droit à un prochain et ultime conflit social.

Votre mission en préfigure certainement une autre, ce qui est une raison supplémentaire pour l’appréhender dans les meilleures conditions, tant de la part de l’Etat que vous représentez, que pour les entreprises dont je porte la voix.

Lors du déblocage de la situation, nous sommes rentrés de Paris avec un accord scellé par un communiqué du Premier Ministre qui comprend :
1 - une exonération des charges patronales du 3ème trimestre 2014 pour les entreprises des secteurs les plus touchés (transport, agroalimentaire, agriculture, artisanat, tourisme) ;
2 - un étalement  de ces cotisations pour celles qui ne peuvent payer les charges du 2ème trimestre 2014 ;
3 - la mise en place de prêts à taux 0 pour celles qui auront été fortement impactées par le mouvement ;
4 - la nomination d’un expert ministériel qui assurera le suivi du dispositif afin que nous ayons un interlocuteur spécifique.

Votre présence indique que le point 4 a bien été rempli.

Mais s’agissement du point 2, c’est à dire l’étalement des charges patronales du 2ème trimestre, le paiement a du être effectué et pour les entreprises qui n’ont pu le faire les diligences habituelles des organismes de recouvrement ont démarré.

C’est à croire que certains organismes n’ont pas lu le communiqué ou semblent s’exonérer des engagements du Premier Ministre !!!

S’agissant du point 1, l’exonération des charges du 3ème trimestre, nous avons appris, car nous ne sommes pas des juristes fiscalistes et constitutionnels, qu’il nous fallait attendre le vote du Parlement.

S’agissant du point 3, nous sommes dans l’attente du dispositif que nous aurons à mettre en place dans la concertation, si j’en crois l’esprit de notre réunion avec le Premier Ministre.

En somme, à part votre présence nous nous hâtons lentement…

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Alors pour accélérer le mouvement, je vais vous faire part des requêtes des entreprises de la Corse.

Vous pensez qu’il convient d’appliquer un traitement au cas par cas. Nous pensons au contraire qu’il convient d’avoir une réponse globale, simple et lisible.

En voici quelques éléments :

Nous souhaitons tout d’abord, dans l’attente des résultats de l’estimation des pertes qu’un moratoire sur la TVA, ses acomptes, sur les charges patronales et sur le RSI pour les entreprises individuelles soit mis en place afin de permettre aux entreprises de ne pas faire appel aux banques pour retrouver leur trésorerie.

Nous souhaitons ensuite que les organismes tels l’URSAFF et les recettes des impôts suspendent les poursuites et les pénalités conséquentes au retard de versement, toujours dans l’attente de l’estimation des pertes.

Nous souhaitons encore que les résultats de la fréquentation soient comparés à la fréquentation habituelle dès que l’observatoire des transports de la Corse aura publié ses chiffres pour juillet, en concertation avec le président de l’exécutif de la Corse et de l’office des transports. Le but est d’avoir une meilleure appréciation des effets néfastes de l’interruption du service maritime passagers et fret.

Nous souhaitons enfin que les incidences sur le résultat des nos entreprises n'entraînent pas une dégradation de la cotation de la Banque de France.  

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Ceci étant posé, il me faut rappeler quelques éléments de notre tissu entrepreneurial.

1er élément : 95 % de nos entreprises ont entre 0 et 9 salariés. Ce sont des TPE.

2ème élément : le nombre des TPE touchées par la baisse et/ou la rupture de circulation maritime, laisse pensif : près de 700 pour le secteur agroalimentaire, près de 6500 pour le commerce et 4000 pour l’hébergement et la restauration. Dès lors il nous parait important que soit associé à cette réflexion les professionnels qui nous apportent leur concours au quotidien, les experts comptables.  

Vous comprenez maintenant pourquoi nous militons pour une  réponse globale, simple et lisible. Compte tenu de ce tissu de TPE, l’examen des dossiers individuels demandera un laps de temps qui ira au-delà du prochain et ultime conflit de la SNCM et nul besoin d’être devin pour savoir que beaucoup de nos entreprises n’y survivront pas.

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Je tiens pour conclure de vous faire part des interrogations profondes des entreprises :

1 – pensez-vous que les ordres du jour de l’Assemblée Nationale et du Sénat, permettrons d’examiner une mesure législatives dès la rentrée de septembre ?

2 - pensez-vous que la rédaction des mesures réglementaires d’application sera rapide ?

Vous le constatez, Monsieur le Préfet, nous avons des demandes, des éléments et des interrogations proches des préoccupations du terrain.

Je souhaite ardemment, comme toutes les entreprises dont je porte la voix, que les réponses apportées ne se perdent pas dans les méandres fiscaux, réglementaires et constitutionnels.

En mars 1968, Pierre VIANSSON-PONTE dans le Monde, décrivait une France qui s’ennuyait. On sait que les braises couvaient sous la cendre…

J’espère, en tant qu’homme de bonne volonté que nous arriverons au plus tôt à éteindre les braises qui couvent dans nos entreprises.

Je compte, comme les élus consulaires, comme les chefs d’entreprises, que nous serons tous, je dis bien tous, à la hauteur de cette immense tache. »

Il est donc très important que toutes les entreprises, y compris les entreprises personnelles, s’adressent aux chambres consulaires pour y faire valoir l’état de leurs pertes.


NB : Les chiffres fournis pour le nombre d’entreprises potentiellement impactées par la crise des transports, sont ceux de l’INSEE en 2011 (entreprises actives au 31/12/2011) sauf pour le secteur de l’agriculture (pas de statistiques plus récentes que celles établies au 31/12/2010)





 


lundi 18 août 2014


REPRISE


( U Lio di Roccapina)


Chères amies et chers amis de Sartène et d’ailleurs,  

Le 21 mars a eu lieu la publication du dernier billet de ce blog. C’était avant le 1er tour des municipales. Vous avez choisi au travers de vos suffrages une équipe pour diriger la commune et une autre pour l’opposition. A chacune désormais d’accomplir la rude tâche pour laquelle elles ont été élues.

Mes amis et moi n’avons pas recueilli votre assentiment pour être représentés au conseil municipal.

Je m’abstiendrai donc de m’exprimer, pour un temps, sur la gestion des affaires publiques de Sartène, même si je les suis toujours avec beaucoup d’attention.

Je vous disais alors que ce blog avait pour but, par le moyen des nouvelles technologies, de vous apporter plus de transparence et d’information tant sur les réalités communales que sur la vie de la communauté de communes.

Bien qu’il ne se soit pas traduit dans les urnes, l’objectif a été atteint : il y a eu 8600 visites. Et depuis la fin mars il y en a eu 1000 de plus ! Compte tenu de cette évolution et des demandes que vous me formulez de vive voix, j’ai décidé de redonner vie à ce blog, à votre blog.

Nos amis vacanciers vont bientôt prendre le chemin du retour et nous allons tous revenir, après la gaieté et le bonheur des retrouvailles, à la réalité. La réalité dont je traitais alors était celle de Sartène et de la communauté de communes.

La réalité dont je vous parlerai désormais sera économique et sociale pour deux raisons :
-le mandat que j’occupe à la chambre régionale de commerce et d’industrie ;
-la persistance de la crise économique, doublée d’une crise des transports en Corse.

Dans le billet de mars 2014, je vous disais combien la rédaction demande d’humilité. Il en faudra à nouveau, car nous allons rentrer dans une démarche qui fait plus encore appel aux chiffres et aux mouvements de fond qu’ils révèlent.

Je vous dis donc à bientôt et souhaite que vous partagiez le plaisir que j’ai à vous retrouver.



A RIGRAZZIAVI TUTTÈ  È TUTTI !


NB : pour diffuser le blog dites à vos ami(e)s de taper antoinemondoloni.blogspot.fr sur leur moteur de recherche. Merci !






   

vendredi 21 mars 2014

MERCI A TOUTES ET TOUS




Chers Sartenaises et chers Sartenais,

L’objectif de ce blog était de vous tenir au courant de la vie municipale et de la vie de notre communauté de communes.

Je sais que bon nombre de mes collègues élus sont réticents devant cette forme de communication, tant du point de vue de l’évolution des nouvelles technologies que de la transparence qu’elle permet.

Mais nous sommes quelques uns à penser que les citoyens doivent être informés de ce qui se passe dans les communes et les intercommunalités, car nous, élus, ne sommes là que parce que ce sont nos concitoyens qui nous ont mandatés pour gérer le bien commun.

Je voudrais également remercier les 8600 personnes qui ont visité ce blog depuis sa mise en route et les 2000 personnes qui l’ont fait durant le mois écoulé.

Cela prouve que vous êtes nombreuses et nombreux à prendre le temps de lire et de vous forger votre propre opinion, en fonction d’éléments de fond, loin des postures électoralistes et des déclarations de circonstance.

Je tiens enfin à vous dire combien cette expérience a été enrichissante pour moi et ceux qui m’accompagnent dans cette démarche.

L’élaboration d’un billet demande beaucoup d’humilité car il faut que tout le monde comprenne ce qui est dit malgré une appréhension face aux chiffres. Cependant au travers des discussions que j’ai eues avec vous, j’ai su que vous aviez été très nombreuses et très nombreux à apprécier cette démarche de transparence.

La campagne électorale se termine ce soir à minuit  dans les médias et ce blog en est un. Ce sera donc le dernier billet posté avant le 1er tour.  

Désormais il vous appartient de déterminer en conscience, seul(e) face à vous-même dans l’isoloir, la liste à qui vous  donnerez mandat pour assurer une gestion démocratique, assumant ses choix en toute transparence.

Je vous remercie une nouvelle fois pour le temps que vous m’avez accordé en lisant ces billets.


RIGRAZIAMENTI A TUTTÈ  È A TUTTI !


NB : pour vous rendre sur le blog taper antoinemondoloni.blogspot.fr sur votre moteur de recherche.






   

jeudi 20 mars 2014

UN MANQUE D'EFFICACITÉ FLAGRANT !



Dans de précédents billets je vous disais combien le bilan présenté par le Maire sortant est disproportionné par rapport aux réalisations réellement effectuées.

Je vous avais entretenu, notamment de trois rubriques (acquisitions foncières, culture, puis sport) qui modifiaient les chiffres des investissements directs prétendument effectués.

Ainsi après rectifications opérées et dûment argumentées, le chiffre des investissements annoncés, 9,5 M€ est passé à 4,6 M€ soit 48 % de moins !

Ce constat est plus alarmant encore si l’on examine la partie acquisitions foncières du bilan.

Elle se décompose de la manière suivante :


Je vous ai déjà montré que l’acquisition MURTA SPANA a été totalement improductive.


Voici ce qui s’est passé pour le terrain de COSTA D’ACELLU :

Vous savez qu’il est inconstructible car sans accès.

Je vous rappelle cependant qu’il a été acheté afin de construire un complexe sportif, mais le projet a été abandonné en raison d’un montant  exorbitant des frais  pour le doter de la voirie et réseaux divers de desserte.

Néanmoins la « modique somme » de 80 000 €  a quand même été dépensée (compte 2111 de l’opération d’équipement N° 985 au compte administratif de 2012).

De plus il y a eu 2 360 € d’études (compte 2031 de l’opération d’équipement N° 985 au compte administratif de 2012) qui ont été effectuées sans doute pour se rendre compte que cet achat était inadapté.

Le projet était donc mal conçu. Avec mes amis nous l’avions fait remarquer en conseil municipal, mais en vain….

Voici ce qui s’est passé pour le terrain du cours sœur Amélie :

Lors du conseil municipal du 28 novembre 2011 (à propos devinez quel jour ?) il nous a été demandé d’approuver le choix d’un groupement technique pour construire un immeuble d’habitation et de surfaces commerciales sur la parcelle du cours sœur Amélie. 

Mais il y avait deux difficultés.

Première difficulté : le droit de propriété applicable à la parcelle acquise.

Cette parcelle est constituée de deux entités, avec deux propriétaires différents.

La commune affirme être propriétaire de la partie appartenant à l’un d’entre eux, mais n’est pas en mesure de présenter une attestation notariale qui le prouve. Elle n’est donc propriétaire que de la moitié de l’immeuble. 

Malheureusement donc, toujours pas d’immeuble ni de locaux commerciaux. 

Deuxième difficulté : le financement 

Le projet prévoyait de rémunérer
→ L’assistance à maîtrise d’œuvre du cabinet LUYTON, pour 169 200 € HT soit 202 363 € TTC
→ Les deux candidats qui avaient présenté des projets non retenus, pour 25 000 € HT soit 29 900 € TTC,
→ La maîtrise d’œuvre (architecte, structure, bureau d’étude technique et économiste de la construction) pour 348 300 € HT soit 416 567 € TTC ;
→ Des travaux pour 3 M€ HT soit 3 240 000 € TTC. 

Le coût total estimé était donc de près de 3,9 M€ TTC :


Mais faute d’argent, toujours pas d’immeuble ni de locaux commerciaux…

Conclusion :

Sur les 474 707,97 € qui sont annoncés comme investissements, donc qui auraient dû être productifs pour la commune, seuls 301 500 € (terrain pour le pont de la SCALEDDA et maison forestière d’ORASI) ont réellement servi.

Le reste, soit 173 207,97 € a été jeté par les fenêtres !!!


Le manque d’efficacité est flagrant : plus d’un tiers de ces 475 708 € pour rien.